03 décembre 2009
La qualité de l’air a Pékin

Depuis mon arrivée en Chine, il y a un an, je me suis souvent demandé si l’air de Pékin était aussi nocif qu’il paraissait. Depuis la semaine dernière j'ai ma réponse: c'est bien pire que ce que je pensais.
Il faut dire que certains jours, quand on parvient à peine à discerner le bout de la rue tant l’air est chargé en particules on a peine à croire que la pollution humaine est seule responsable de ce nuage et qu’aucun phénomène climatique ne se cache derrière la chape de brouillard qui masque le ciel le plus clair de l’année.
Au premier rang des polluants atmosphériques se trouvent pourtant les poussières de charbon. A ce jour le charbon représente en effet le principal moyen de chauffage et de génération d’énergie en Chine. En brulant, ce combustible fossile dégage de très importantes quantités de particules dans l’air. A cela il faut ajouter un trafic automobile parmi les plus denses du monde avec cinq périphériques enserrant la ville de Pékin.
Ces facteurs mis bout à bout expliquent en partie la brouillard jaunâtre qui règne sur la ville les trois quart de l'année. Face à ce qui est en passe de devenir un problème de santé public de premier plan, les autorités chinoises restent elles inactives ? Pas vraiment, mais on ne peut pas tout changer du jour au lendemain et si la Chine a décide de rattraper son retard en matières d’efficacité énergétique et de préservation de l'environnement, le chemin à parcourir est tellement grand qu’il faudra sans doute une quinzaine d’années avant que l’on puisse respirer a peu près normalement a Pékin.
Et cela passera inévitablement par l’implantation de nombreuses centrales nucléaires. Areva et Westinghouse, les deux principaux constructeurs mondiaux de centrales nucléaires, se livrent en Chine depuis quelques années une batailles acharnée pour vendre leur tout derniers réacteurs : l’EPR et l’AP1000.
La Chine, comme souvent, reste pragmatique et a acquis les deux types de réacteurs, non sans imposer au passage d’importants transferts de technologie afin de s’assurer, à terme, la maitrise d’un savoir faire vital pour le développement futur du pays.
En attendant, les autorités à Pékin tentent de gagner du temps en niant le problème et empêchant la diffusion de tous relevés indépendant de la qualité de l’air dans la ville. Afin de ne pas inquiéter la population le China National Environmental Monitoring Center, un organisme public censé contrôler et suivre l’évolution du niveau de pollution en Chine et notamment la qualité de l’air dans les villes, utilise une échelle de mesure tellement large que, selon ses critères, l’air de Pékin est généralement de bonne voire très bonne qualité. Ses relevés sont notamment disponibles en anglais à l’adresse suivante : http://www.beijingairquality.cn/home.php?fcD=archive&d=12&m=11&y=2009
L'ambassade americaine possede également sur son toit une station de mesure du taux de particules dans l'air. Ses relevé son publiés chaque heure via twitter a l’adresse suivante http://twitter.com/beijingair (ce site est bien évidemment bloqué en Chine par le «great firewall » et il faut donc utiliser un proxy pour y accéder). L’échelle de mesure de la qualite de l'air utilisée cette fois est l’Air Quality Index de L’Environnemental Protection Agency Américaine.
En comparant ces deux sources le résultat est édifiant. Ainsi, par exemple, le 27 Novembre 2009 Beijing Air nous indique que la qualité de l’air de ce jour la Pékin est "good" sans plus de precisions :
Pourtant, au meme moment, sur twitter c’est un tout autre son de cloche :
Hazardous, soit la plus mauvaise qualité qui soit sur l'échelle AQI.
http://www.airnow.gov/index.cfm?action=aqibasics.aqi#mod
Avant les JO, pourtant, les autorités n’avaient reculé devant rien pour offrir aux sportifs et aux visiteurs un ciel bleu: déménagement des industries les plus polluantes, mise en place de la circulation alternée, gel de certains travaux de construction. En quelques semaines elles avaient réalise le tour de force de ramener le niveau de la pollution a un niveau tolérable.
Cependant, nombre de ces mesures n’étaient pas tenables socialement ou économiquement sur le long terme et, au lendemain des JO, la réalité a repris le dessus et l’habituelle chape de brouillard qui entoure Pékin s’est de nouveau abattu sur la ville. Plutôt que de reconnaitre le problème, les autorités préfèrent pour le moment le minimiser comme en témoignent les relevés officiels de la qualité de l’air en ville. En ces temps de crise économique l’heure n’est en effet plus aux mesures drastiques dans le seul but d’assainir l’air.
Limiter la circulation automobile ne sera possible que lorsque le réseau de transports en communs sera suffisamment dense pour permettre de transporter la population de Pékin dans toute la ville. De même le remplacement du charbon, premier polluant atmosphérique, comme principale source d’énergie nécessitera la construction d’infrastructures énergétiques alternatives. Le gaz et l’électricité nucléaire sont pour le moment les principales solutions à moyen terme.
Comme souvent en Chine les changements seront radicaux, mais ils se feront dans la durée.
De nombreux indicateurs démontrent en effet que la Chine est prête à investir massivement dans les énergies non polluantes, mais en attendant que les premiers effets se fassent sentir, dans les années à venir, les autorités ont décidé de gérer le problème de la pollution à leur manière: en contrôlant l’information. Ce faisant elles retardent pourtant la nécessaire prise de conscience du problème de la pollution parmi la population.
Au final le pragmatisme qui caractérise les chinois les amènera probablement à prendre les décisions qui s’imposent, mais d’ici là les autorités semblent prêtes à assumer le cout de la pollution atmosphérique en termes de santé publique.
26 novembre 2009
Beijing station de ski!
Selon la loi économique bien connue, avec l'élévation progressive du niveau de vie apparaissent de nouveaux
Problème: le climat et la géographie dans la région de Pékin ne se prêtent pas vraiment à la pratique du ski, il y fait certes très froid en hiver mais aussi très sec et il neige très peu. Bien sur les plus aisés pouvaient aller skier dans les rares stations du nord de la Chine, voire au Japon, mais pour le reste de la population pékinoise le ski restait totalement hors de portée.
Qu'à cela ne tienne! Depuis quelques années on peut skier à Beijing!
Dans la Chine de 2009 rien n'est impossible: s'il n'y a pas de montagnes on utilisera des collines et s'il n'y a pas de neige on en fabriquera (ou on en fera tomber!).
La municipalité de Pékin compte ainsi avec plusieurs domaines skiables plus ou moins étendus.
La semaine dernière j'ai eu la chance de faire l'ouverture de la station de Nan Shan à une heure de Pékin et je dois dire que j'ai passé une très bonne journée.
Si l'on fait abstraction du paysage lunaire autour des pistes on se croirait presque à la montagne. Et le spectacle des chinois apprenant à skier vaut le détour. La majorité découvrant cette activité ils s'y mettent avec un l'enthousiasme et la bonne humeur qui les caractérisent lorsqu'ils s'amusent ce qui fait qu'une très bonne ambiance générale règne sur les pistes.
En pleine action
J'ai entendu dire que des moniteurs de l'ESF française avaient trouvé des jobs dans certaines grandes stations en Chine où il est bien vu d'apprendre à skier avec un moniteur étranger, décidément quel que soit le domaine c'est vraiment en Chine qu'il faut se trouver en ce moment!
Fin de journée le soleil se couche vers 17h00
informations pratiques: Une journée de ski à Nan Shan ne revient pas trop cher. Environ 80 RMB aller-retour pour le bus plus le taxi jusqu'aux pistes, 20 RMB l'entrée puis environ 200 RMB pour le forfait remontées/location de skis pour 4 heures de bonheur sur les pistes. http://www.nanshanski.com/05nanshan/winter_e/introduction.asp
Une après midi de ski est donc une bonne idée pour occuper un samedi ou un dimanche avec des amis, ou proposer une activité originale à des visiteurs de passage.
17 novembre 2009
Les droits de l'homme au quotidien
Il y a quelques mois je rencontrais au cours d'une soirée une jeune diplomate travaillant dans une ambassade d'un pays de l'UE. Très rapidement elle me confiait ne pas vraiment apprécier son séjour en Chine, ce qui était assez rare en soit pour me pousser à vouloir en savoir plus.
De manière générale tout le monde s'accorde à trouver la vie en Chine déroutante par moment, mais intéressante, pleine de rencontres, de voyages, de sorties dans des endroits étonnants et parfois improbables, en résumé une vie intense dans un pays en pleine transformation. Ça c'est pour les lieux communs habituels.
Voyant mon incompréhension, l'explication qui suivit m'éclaira tout de suite sur les raisons de ce malaise: cette diplomate était chargée d'écrire pour son administration centrale des rapports réguliers sur la situation des droits de l'homme dans la municipalité de Pékin et son travail la déprimait profondément.
Pour la plupart des expatriés et des étudiants étrangers en Chine, la question des droits de l'homme est souvent ignorée. En arrivant tout le monde se demande à quoi peut ressembler la vie dans une dictature communiste, on arrive parfois la tête pleine de préjugés et d'images négatives. Mais assez rapidement on se rend compte qu'en vérité la vie en Chine dans une ville comme Pékin est étonnante de normalité.
La Chine n'est en effet pas la Birmanie et vivre à Pékin n'est pas fondamentalement différent, au quotidien, de vivre à Paris. Quand on va faire des courses chez Carrefour, que l'on va flâner chez Ikea le week-end pour trouver un tapis de salle de bain, on a très vite l'impression que, finalement, la question des droits de l'homme en Chine n'est pas un problème qui se pose au quotidien mais plutôt un phénomène qui se manifeste dans des cas spécifiques et le plus souvent dans des provinces éloignées.
On se fait même parfois l'avocat du diable en expliquant en France à ses amis que l'on en fait des tonnes sur les droits de l'homme pour un problème qui est complexe : "parce qu'après tout moi je vis en Chine et je peux te dire que la vie y est tout à fait normale au quotidien".
Mais ce sentiment est extrêmement trompeur. L'état policier chinois existe bel et bien, et la répression en Chine s'exerce de manière feutrée et silencieuse la plupart du temps. Les étrangers n'ont donc que très rarement conscience de ce qui se passe sauf lorsque des incidents éclatent au grand jour et que des touristes se retrouvent au milieu d'émeutes, comme celles qui ont eu lieu au Tibet ou plus récemment cet été au Xinjiang.
Cette diplomate m'a ainsi raconté ce qui se passait au quotidien à Pékin, presque au coin de ma rue: les disparitions de militants des droits de l'homme, les centres de détention secrets situés dans Pékin même, le harcèlement d'avocats défendant les victimes d'abus des autorités provinciales.
Parce que la vie en Chine c'est aussi côtoyer cela au quotidien sans toujours en avoir conscience, j'en parlerai plus souvent sur ce blog car c'est aussi ça la Chine de 2009
18 avril 2009
Les week-end en Chine.
Les mois d’avril et de mai se distinguent en Chine, tout comme en France, par leur nombre relativement élevé de ponts et de jours fériés. Ces petites vacances sont les bienvenues car elles constituent autant d’occasions de partir à la découverte de l’intérieur du pays.
Ayant décidé depuis quelques temps de me caler sur la frénésie de voyages qui a pris certains de mes collègues de bureau qui, devant bientôt rentrer en France, ont décidé de profiter de leurs derniers mois pour voyager au maximum, je me suis moi aussi mis, il y a de cela quelques semaines, à la recherche d’une destination sympathique où passer le Qinming Festival, la Toussaint locale.
Pour cela j'ai longuement parcouru les sites de voyages chinois à la recherche de billets d'avion bon marchés.
En Chine, les deux meilleurs sites de vente en ligne de billets d’avion sont probablement ctrip http://english.ctrip.com/ et elong www.elong.net. Il faut cependant garder à l’esprit que ceux-ci sont surtout bien adaptés pour les vols nationaux mais que pour les vols internationaux il vaut mieux regarder un peu partout. Je viens ainsi de trouver le meilleurs tarif pour un bref passage en France cet été sur un site américain, http://www.orbitz.com, qui me proposait le Beijing-Paris 200€ moins cher tout de même en haute saison (à 600€) que go voyages www.govoyages.com en France, qui pourtant est déjà en général parmi les moins chers.
Mais je m’éloigne du sujet. Après une recherche approfondie, je me suis finalement décidé pour un vol à 200€ aller retour pour Guilin, ville du sud de la Chine située juste à côté de l’extraordinaire ville de Yangshuo, petite cité touristique perdue au milieu d’impressionnants pics karstiques.
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Il faut depuis Pékin environ quatre heures pour atteindre Yangshuo : deux heures et demie de vol pour Guilin suivis d’environ une heure et demie de bus.
Dès l’atterrissage à Guilin, le contraste avec Pékin est saisissant. Les paysages changent du tout au tout et les terres arides du nord sont brusquement remplacées par des étendues vertes à perte de vue. Le contraste est si fort qu’il est parfois difficile de croire que l’on est encore dans le même pays.
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Yangshuo est sans conteste l’une des destinations le plus populaires de Chine parmi tout ce que l’Asie peut compter de routards.
Cette ville est en effet un lieu de halte idéal pour les voyageurs qui sont sur les routes depuis plusieurs mois et qui cherchent un endroit où faire une pause histoire de pouvoir se reposer et réfléchir un peu avant de reprendre la route vers de nouvelles aventures.
Les magnifiques paysages verdoyants, les nombreuses activités de plein air ont fait de cette ville une destination de choix pour toute personne souhaitant se mettre, c’est le cas de le dire, au vert…
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Avec le temps, la présence importante de jeunes étrangers tous plus ou moins anglophones a donné à certains l’idée d’ouvrir des écoles d’anglais afin de profiter de la source inépuisable de professeurs que constitue le flot ininterrompu de touristes.
Le succès fut immédiat car de nombreux routards trouvèrent dans ces petites écoles un moyen de poser leur sac à dos quelques temps tout en gagnant un peu d’argent avant de reprendre la route.
Aujourd’hui Yangshuo est réputée dans tout le sud de la Chine pour ses écoles de langue et on y vient parfois de très loin pour y étudier l’anglais.
C’est d’ailleurs pour cela que de nombreux étudiants abordent les étrangers de passage dans la rue et sur les sites touristiques pour pratiquer leur anglais, ce qui est toujours source d’intéressantes conversations.
De manière générale, cette frénésie d’apprentissage de l’anglais est principalement, si ce n’est uniquement, motivée par le souhait des étudiants de trouver un bon travail.
Dans la Chine de 2009 l’anglais représente en effet LE viatique indispensable pour une amélioration de ses conditions de vie. Plusieurs jeunes étudiants rencontrés m’ont ainsi expliqué que leurs parents avaient dû s’endetter pour pouvoir les envoyer étudier à Yangshuo. A l’issue d’une ou deux années d’études intensives passées en internat, ceux-ci espéraient pouvoir décrocher un poste dans l’une des nombreuses entreprises étrangères situées à Shanghai ou Shenzhen.
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De leur côté, les professeurs d’anglais sont en général de jeunes diplômés de toutes nationalités (y compris provenant de pays non anglophones) qui ne sont le plus souvent pas pressés de rentrer chez eux et qui trouvent là un bon moyen pour prolonger leur séjour en travaillant.
La halte à Yangshuo permet également à ceux qui sont partis depuis longtemps de se recréer, pendant quelques semaines, voire quelques mois, une vie stable avec des amis, un travail et un chez soi, ce qui manque parfois cruellement quand on a passé cinq ou six mois sur les routes.
J’ai ainsi pu faire la connaissance d’un jeune cuisiner Irlandais qui, arrivé à l’origine à Yangshuo depuis la Thaïlande pour une petite semaine, était sur le point de signer un contrat de 3 mois avec une école, ce qui n’était pas du tout prévu à l’origine.
Une atmosphère très plaisante se dégage donc de cette ville où l’on va le plus souvent de rencontres en rencontres.
Certains trouveront peut être que Yangshuo est un peu trop touristique et même un peu artificielle (un Mac Do venant d’ailleurs d’y ouvrir).
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Mais il suffit dans ce cas de prendre un vélo et de partir à la découverte des environs.
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Après une quinzaine de minutes de vélo, on se retrouve à longer la rivière Li dans des villages où l’on pourra croiser un fermier en train de promener sa vache, des vieux en train de jouer aux cartes, des hommes en pleins travaux des champs et assister ainsi à une multitude de scènes de vie qui donnent à chaque instant l’envie de dégainer son appareil photo.
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Ne vous inquiétez pas si vous vos enfoncez un peu trop dans l'intérieur des terres: il sera en effet toujours possible de faire le retour en barque à moteur!
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Si vous cherchez un endroit où profiter de paysages parmi les plus beaux de Chine tout en étant dans un environnement culturel un peu familier, alors Yangshuo est vraiment une excellente destination.
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31 mars 2009
Préférez-vous vivre à Palm Springs ou Central Park ?
Si je vous dis Palm Springs, Central Park, Park Avenue, Soho, MOMA, International Wonder land vous pensez à la Californie et à New-York à Las Vegas? Et bien vous n’y êtes pas du tout, car il s’agit là d’un échantillon des noms de résidences internationales de Pékin.
En effet, à chaque fois qu’un gros programme immobilier est lancé, les promoteurs rivalisent d’imagination pour trouver le nom le plus évocateur possible et attirer le client. Les Château Regency rivalisent donc avec les Sun City et autres Park Avenue. Evidemment si le nom sonne bien américain c’est encore mieux.
Lorsque mon agent immobilier m’a dit le premier jour de ma recherche d'appartement que nous irions visiter la résidence Blue Castle j’imaginais un petit château tout bleu tout bleu sur une colline…Avant d’arriver là :

Quand j’étais encore en France, je m’étais promis de m’installer dans un immeuble 100% chinois et de fuir les résidences internationales… Une fois arrivé en Chine j’ai mis un peu d’eau dans mon vin. Je me figurais en effet les résidences internationales, de façon très exagérée, comme les espèces de ghettos à étrangers que l’on voit en Arabie Saoudite ou en Afrique du Sud où l’on vit en vase clos toute l’année derrière de hauts murs.
Mais les nombreuses résidences internationales de Pékin offrent en réalité des possibilités très variées et souvent plutôt intéressantes quand on vient de débarquer.
Tout d’abord par «résidence internationale » il ne faut pas comprendre réservée aux étrangers, loin de là. Certes les prix font qu’une proportion non négligeable d’expatriés vivent dans ces immeubles, mais en réalité ce qui les distingue surtout des immeubles classiques ce sont les nombreux services qui y sont proposés. On y trouve généralement au minimum un club de sport, une épicerie, un pressing et surtout un management anglophone.
Ce dernier point est vraiment d’un grand secours au début lorsque, ne parlant pas un mot de chinois, on se retrouve par exemple dans le noir un samedi soir parce qu’on n’a pas compris que l’électricité ne se paye pas chaque mois mais s’achète dans un distributeur à l’aide d’une carte magnétique à insérer dans son compteur.
Ou encore si on se retrouve avec une douche qui fuit: un coup de téléphone et 15 minutes plus tard un ouvrier est là pour régler le problème…Enfin essayer de régler le problème, car étant polyvalent (plombier, électricien, carreleur etc) il n’est pas rare qu’il empire la situation.
Arrivé en novembre à Pékin, juste après la folie des jeux olympiques qui avait vu les loyers grimper de manière vertigineuse je n’ai eu aucun mal à visiter de nombreux appartements.
Toutefois, je me suis très rapidement rendu compte que cette recherche serait longue et difficile. En effet si l’offre est vraiment très abondante, ce qui laisse tout d’abord rêveur lorsqu’on arrive de Paris, où il faut presque mettre l’un de ses reins en caution pour louer un studio, la qualité est en revanche vraiment inégale.
Et le principal problème est en général la décoration. Je cherchais ainsi à la base une décoration plutôt légère, avec des couleurs neutres... Ce qui n'est pas exactement ce que j'ai vu lors de mes premières visites.
En effet, en Chine la prospérité s’affiche souvent à travers une décoration chargée, constituée de luminaires compliqués (j’ai vu pas mal de lustres), de meubles aux dorures pas toujours très sobres, de canapés massifs et parfois bariolés. Bref, les propriétaires d’appartements de standing sont souvent convaincus que plus c’est chargé mieux ça se louera…
Il en est de même pour la petite touche d’originalité dont certains propriétaires agrémentent leurs appartements. Je pense que ce que j’ai trouvé le plus amusant est sans conteste la salle de bain vitrée.
Dans la chambre à coucher, la salle de bain n’est pas séparée par un mur mais par une vitre, comble de la modernité version chinoise, du coup on peut voir sa douce (ou son chéri) prendre sa douche le matin ou le soir tranquillement installé dans son lit…Mais ce n’est pas tout car la salle de bain en Chine abrite toujours les toilettes ! Et les toilettes vitrées il fallait vraiment y penser… Je n’ai vu ça que quatre ou cinq fois mais à chaque fois je me suis demandé quels étaient les arguments que l’architecte avait vendus à l’acheteur pour ajouter l’option « voyeur » dans la chambre à coucher. Mon agent immobilier, jamais à cours de bonnes formules me les a toujours désignées en me disant « And this is the romantic bathroom »…

Après avoir visité en trois semaines une quarantaine d’appartements, je me suis finalement décidé pour un trois pièces pas trop loin de mon travail. Bien orienté, dans une résidence de bon standing très majoritairement habitée par des chinois. Et surtout avec une décoration simple. Parfois j’ai un peu l’impression de vivre page 235 du catalogue Ikea mais je préfère cela pour commencer, j’ajouterai avec le temps des touches chinoises dans la déco…
Avant de m’y installer il fallu toutefois 10 bons jours de négociations pour pouvoir signer le bail.
En effet, en Chine on ne signe jamais les yeux fermés le bail proposé par le propriétaire, il existe une multitude de sujets de négociation. A commencer par le prix.
Ainsi, sauf en cas de très bonne affaire, il ne faut pas hésiter à demander une baisse du loyer demandé. Surtout en cette période où il est assez difficile de trouver des locataires pour les appartements de standing moyen et bon. En tous les cas, en résidences internationales on peut sans trop de difficultés faire baisser les prix affichés de 20%, selon ses habiletés de négociateur. On peut aussi parfois demander à ce qu’internet ou le club de sport, lorsque la résidence en a un, soient inclus.
Certains propriétaires vont même jusqu’à accepter de changer certains meubles, voire de meubler l’appartement en entier, une amie a ainsi fait la tournée des magasins de meubles avec ses propriétaires pour choisir ses meubles, une autre a obtenu un budget lampe pour changer tous les luminaires de l’appartement.
Il faut de plus être très attentifs sur la durée du bail, car celle-ci est obligatoire tant vis-à-vis du propriétaire que du locataire, et si on veut partir avant la fin on a une chance sur deux de perdre sa caution. De mon côté j’ai négocié un bail de 18 mois avec possibilité, pour moi seul, de résilier le bail à la fin de chaque période de six mois ce qui, a priori, me laisse des portes de sortie.
Pour ce qui est de la recherche de logement à proprement parlé, il existe plusieurs possibilités, les sites d’annonces tels que The Beijinger ou Craigslist, le bouche-à-oreille et puis, bien sur, les agences immobilières. Il faut dans tous les cas toujours être prudent lors de la signature du bail pour s’assurer qu’on signe bien avec le propriétaire des lieux.
Enfin, la dernière chose qui laisse parfois perplexe le nouvel arrivant est la fréquence de paiement du loyer. En Chine il est fréquent de payer par trimestre. Ce qui implique d’avancer d’un coup trois mois de loyer plus la caution. Mais la encore c’est un point qui se négocie et en ce qui me concerne je paye mon loyer mensuellement.
Côté loyer pour les gens qui cherchent des informations, les prix à Pékin ne sont pas très élevés. Pour 3000/3500Y (environ 380/400€) on trouve aisément un deux ou trois pièces (en Chine on compte cependant en chambres à coucher) d’une soixantaine de mètres carrés dans un immeuble chinois bien situé. Il faudra compter environ 6000/7000Y pour le même en résidence internationale (environ 700/800€), à partir de 8000/9000Y on atteint des loyers assez importants pour Pékin et on peut se permettre d’être un peu plus exigeant du point de vue de ce qu’on inclut dans le prix. Au delà de 10000Y (1100€) on entre dans les prix des résidences de grand standing.
30 mars 2009
J'ai froid!
Le 15 mars officiellement il ne fait plus froid. Ce n'est pas le le thermomètre qui le dit, c’est l’administration de la municipalité de Pékin. Par conséquent, tirant les conclusions de ses propres constatations, puisqu’il ne fait plus froid il est grand temps de couper le chauffage !
Sauf que la réalité administrative chinoise n’est pas exactement la même que la réalité climatologique, et depuis une semaine il fait 15 degrés dans mon salon !
Il en va ainsi chaque année, qu’il fasse 5 ou 20 degrés, tous les 15 mars le chauffage est coupé, c’est officiellement la fin de l’hiver.
Il faut donc prendre son mal en patience et attendre emmitouflé dans un gros pull le retour de températures plus clémentes. Sauf que celles-ci tardent un peu à arriver cette année, et hier on décelait de tous petits flocons de neige dans l’air.
La sortie de la douche n’est vraiment pas une partie de plaisir et je ne parle même pas de la sortie du lit le matin après que la nuit ait bien refroidi la chambre pendant la journée.
Je pense que je vais investir dans un petit radiateur d’appoint, ce ne sera pas perdu même si les températures remontent car de toutes façons le chauffage n’est pas mis en route en automne quand il fait vraiment froid mais là encore quand la municipalité de Pékin décide qu’il fait officiellement froid…
11 mars 2009
Champagne!!
J’avais eu l’occasion dans un précédent message de vous parler du système de rémunération des VIE. En gros on perçoit une indemnité qui est fonction du pays de résidence et qui est réévaluée tous les trois mois, à la hausse mais aussi parfois à la baisse.
Depuis quelques temps les VIE du monde entier attendaient avec impatience et inquiétude la réévaluation du mois de février. En effet, avec la crise les cartes sont rebattues un peu partout et l’euro connait des variations de change assez importantes. Sachant que nos indemnités sont versées en France et en euros cela peut se traduire par des pertes importantes de pouvoir d’achat (thème décidément à la mode même pour les français de l’étranger).
A titre d’exemple l’euro était à 10 Yuans cet été, avant de tomber vers 9 à la fin de l’année et de se trainer péniblement à 8,6 depuis un mois. Dans les faits cela se traduit par des écarts relativement importants de rémunération d’un mois sur l’autre.
Apparemment ce sont les VIE des USA et du Japon qui ont le plus souffert des variations de taux de change. Ce que je peux tout à fait croire car j’avais prévu de partir au Japon cette année, me souvenant que je m’en étais sorti pour pas trop cher pour un séjour là bas il y a deux ans…
Mais lorsque je me suis sérieusement penché sur le projet, je me suis rendu compte que le taux de l’euro étant franchement bas face au Yen depuis quelques temps, ce voyage me coûterait beaucoup plus cher qu’il y a deux ans, et j’ai finalement renoncé, en attendant des jours meilleurs.
Bref ! Tout ça pour dire qu’Ubifrance a publié le barème par pays des réévaluations qui s’appliqueront en mars aux indemnités des VI à travers le monde, et le moins qu’on puisse dire est que le rattrapage est sérieux : +20% pour la Chine !!!
Nous passons donc d’environ 1700 à un peu plus de 1900€, en déduisant toujours 200€ pour les VI qui sont logés par leur entreprise (ce qui est mon cas).
La Chine reste donc, en niveau de vie, une bonne destination pour les VIE.
On a aussi dû faire la fête au Japon au Honduras et en Jordanie, qui sont les grands gagnants de cette réévaluation avec +30%. Ceci étant il faut savoir que si Ubifrance leur accorde une telle augmentation c’est qu’ils ont sacrément du subir la baisse de l’euro ces trois derniers mois.
Comme d’habitude avec ce barème il y a aussi des malheureux. Pour cette session on aura donc une petite pensée pour les VI du Brésil qui se prennent -10% sur leur salaire à compter du mois de mars…Mais bon le Brésil ça doit être tellement bien... (je sais c’est nul comme lieu commun mais dans la grisaille de Pékin on a bien le droit de rêver un peu!)
10 mars 2009
Au travail!!!
Quand je regarde le calendrier je ne peux pas y croire... Déjà quatre mois en Chine. Il est plus que temps de mettre à jour ce blog (qui vu la fréquence de mes messages ne mérite pas encore ce nom) car pour le moment, Antoine a Beijing est resté coincé a Paris, à la veille de son départ.
Il s'est passé tellement de chose en ces quatre mois qu'il ne me sera pas possible de tout raconter, mais ce n'est pas si grave, car ma vie en Chine ne fait que commencer, et pour le moment, dans mon esprit, je viens tout juste d'arriver.
Mais je souhaite toutefois faire le lien c’est pourquoi je vais résumer en quatre messages les quatre mois déjà passés ici…Ce ne sera pas facile mais je vais m’efforcer de raconter l’essentiel.
Novembre
Ah novembre...Ça parait si loin et c'est pourtant si frais dans ma mémoire. De retour de vacances j'ai eu 15 jours pour finaliser les derniers préparatifs: finir mes cartons, voir mes amis, dire petit à petit au revoir à Paris à mon quartier à ma vie en France.
Je n'étais pas vraiment pressé de partir. En effet, à mesure que la date fatidique approchait j'ai soudain été pris de nombreuses appréhensions: et si Pékin ne me plaisait pas? Et si le travail n'était pas intéressant? Est ce que ce projet de partir en Chine n'était pas une lubie qui aurait tourné a l'obsession au fil des années?
Ce sentiment m'a surpris voire décontenancé pendant un temps. En effet je partais en Chine après tout, et c’était ce que j’avais voulu pendant des années, mais dans le même temps je ne pouvais nier que ce voyage était tout de même un saut dans l'inconnu pour deux ans, sachant que je ne pourrais en aucun cas rentrer sur un coup de tête, n'ayant plus aucun point de chute en France après mon départ.
Lorsque le grand jour est arrivé, je n'en menais donc pas large et lors du décollage, j'ai été pris pour la première fois de ma vie au cours d’un voyage d’un vrai sentiment de tristesse, ou plutôt de nostalgie en voyant la piste défiler dans la nuit de Roissy.
Cette tristesse n’était pas celle de partir, ça non car je le répète c’est ce que je voulais depuis des années, mais plutôt de dire au revoir a ce moment précis a toute une période de mon existence. Il est rare de pouvoir constater avec une telle clarté qu'une époque de sa vie est terminée et que l'on entre dans une autre.
Je savais à ce moment précis que, quoi que me réserve l'avenir, il y aurait un "avant" et un "après" Pékin.
Je quittais la France, mon diplôme en poche, pour prendre mon premier travail tout en disant adieu à ma vie d’étudiant, à mes habitudes en en sachant que lorsque je rentrerais en France, dans quelques années, ce ne serait pas pour y reprendre cette même vie là ou je l’avais laissée.
Tout d’un coup la routine de ces dernières années, que j’avais rêvé de quitter, me sembla bien sympathique.
7 heures de vol plus tard, alors que l’avion survolait le désert de Gobi, et après une nuit de sommeil troublé ce sentiment avait totalement disparu, ne restait alors que l'excitation à l’idée de commencer une vie nouvelle, en rêvant à tout ce que l’avenir pourrait me réserver.
Quelques heures après, alors que je contemplais les tours flambante neuves du quartier d'affaires de Pékin du 40eme étage d'un grand hôtel, ma valise posée sur mon lit, les derniers doutes s’étaient évanouis et je savais que j’étais exactement là ou je devais être.
Deux jours plus tard, je commençais le travail et, après une semaine au bureau, mes toutes dernières appréhensions disparaissaient: le travail ne serait pas facile, c’était une certitude, mais l’équipe était jeune, internationale et très sympathique.
Mes premières sorties dans Pékin me laissèrent sans voix.
Je ne reconnaissais en rien la ville que j’avais visitée pour la seconde fois cinq ans plus tôt.
De manière générale la physionomie générale de Pékin a beaucoup changé. Du moins le centre et les quartiers d’affaires. On y voit des bâtiments flambants neufs dont la figure de proue est l’incroyable CCTV Tower.
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Le vieux Pékin et de très nombreux hutongs ont laissé place à des barres d’immeubles pas toujours très belles mais dans le même temps un véritable sentiment de modernité se dégage de certains quartiers de la ville. Heureusement, il suffit parfois de prendre une petite rue de côté pour retrouver le vieux Pékin, ses marchands ambulants, ses cours d’immeubles animées et tout ce qui faisait autrefois le charme de la ville.
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En revanche, je ne me souvenais pas d’une telle pollution. Certains jours il est difficile de voir à 100 mètres tellement l’air est chargé en particules (mélange de pollution mais aussi de sable et de poussière car Pékin est aux portes d’un désert). Et les indicateurs géographiques sont parfois un peu inquiétants.
Conversation de bureau un lundi :
Antoine : Qu’as- tu fais ce week-end ?
Collègue : Moi ? Je suis allé visiter un musée.
Antoine : Ah oui? Où ça ?
Collègue : Oh bah pas tout près c’était entre le 4ème et le 5ème périphérique.
Antoine : ....
Autant dire qu'il vaut mieux ne pas mesurer la qualité de l’air de Pékin si on veut pouvoir dormir tranquille le soir…
Les Pékinois aussi m’ont semblé très changés. Sans rentrer dans les détails, les trois choses qui m’ont, au tout début marqué furent, dans l’ordre, le fait qu’ils crachaient infiniment mois qu’avant. Le bruit du profond raclement de gorge précédant l’expectoration avait rythmé mes deux premiers voyages en Chine, de même que le souci de ne pas me prendre de crachat bien épais sur les chaussures, ce qui arriva malgré tout quelques fois.
Je les ai trouvés beaucoup plus disciplinés et disposés à faire la queue, on était loin des batailles épiques de mes premiers voyages pour l’achat d’un ticket au guichet du métro, où le jeu consistait à avoir le bras suffisamment long pour passer la main dans la lucarne du guichet devant tous les autres.
Enfin, les Pékinois d’après les J.O n’ont plus la fascination d’antan pour les étrangers, qui m’avait valu de me prendre pour une star lors de mon premier voyage en Chine, il y a 7 ans, au cours duquel le simple fait de me balader dans la rue provoquait la curiosité des passants et me valait de me faire prendre en photo.
Ces observations ne sont que des grandes tendances et ne sont pas à généraliser à l’ensemble de la Chine, car j’ai eu la possibilité de me rendre compte, par la suite, en sortant un peu de Pékin, que si les grandes villes chinoises évoluent à une vitesse inimaginable, l’intérieur de la Chine, lui, n’a pas changé de manière aussi spectaculaire.
Après une dizaine de jours d’adaptation, je me lançais dans la recherche d’un appartement. Sachant que je ne me sentirais chez moi à Pékin que lorsque j’aurais défait mes cartons de déménagement et enfin trouvé un quartier d’attache.
Je ne le savais pas encore, mais la recherche d’un toit se révélerait beaucoup plus compliquée que je ne l'imaginais...



































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